Rites of Spring (2011)

Le slasher est un style qu'on peut penser usé jusqu'à la corde depuis que Scream en a repoussé les limites en le rendant conscient à lui-même, et c'est ce que confirmerait un Rites of Spring qui ne révolutionne pas le genre. Cependant, le film développe deux idées intéressantes qui contrebalancent les sempiternels clichés (les filles enlevées par un psychopathe, les lieux où il ne faut pas aller mais où les personnages inscrits sur la "to do list" du tueur vont quand même, les scènes de fuite...) :

  • Le psychopathe, avec son mur couvert de coupures de presse parlant de toutes ses victimes, n'est pas le tueur. Si c'est bien lui qui lance le rite au premier jour du printemps chaque année où les récoltes sont menacées par le temps, il y a également un "monstre", le véritable tueur, plus animal qu'humain, qui doit sacrifier les jeunes femmes avec sa faux.

  • le scénario développe deux histoires parallèles, qui ne se rejoignent qu'aux deux tiers du film. D'un côté, il y a l'héroïne et son amie qui ont été enlevées (et qui, prisonnières, ne peuvent que subir les sévices du fermier psychopathe, ce qui limite l'action), et de l'autre, une bande de malfrats qui tentent également un enlèvement de leur côté, mais pour demander plus conventionnellement une rançon.

Au final, le thème de fond du sacrifice humain pour sauver les récoltes n'est pas tellement développé. Il sert essentiellement de prétexte à mettre en scène un slasher plutôt bien ficelé et qui mériterait un remake avec davantage de budget pour combler les quelques lacunes qui dénotent encore une production indépendante. Un peu plus d'ampleur permettrait également au film de développer les personnages et de faire des deux histoires parallèles son véritable point fort, et cela, même si le côté slasher reste un peu caricatural.